Mail à envoyer à tous

Si vous le souhaitez vous pouvez utiliser ce message et le transmettre à tout votre carnet d'adresses afin qu'eux-mêmes l'envoient à d'autres et à d'autres...


"Bonjour à toutes et tous

Si vous recevez cet e-mail , c'est que j'ai estimé que vous étiez sensible et que vous pourriez si vous le souhaitez m'aider à sensibiliser d'autres personnes.

Cet e-mail va parler du problème de l'inceste, de ses conséquences. Si cela vous gêne, vous dérange, vous pouvez évidemment de suite supprimer ce message sans le lire.

A l'heure où Outreau fait la une des journaux, des télévisions, de tous les médias, chacun semble oublier que l'injustice n'est pas à sens unique. On ne parle plus que des accusés à tort. On ne parle plus des enfants qui ont été réellement abusés, car il ne faut pas oublier que des coupables ont avoué et sont restés en prison, et que donc les enfants ont bien subi divers sévices sexuels.

Pour la grande majorité d'entre vous, vous savez que j'ai vécu moi aussi l'inceste ( pour qu'il n'y ait pas confusion chez ceux à qui vous transmettrez ce mail, je leur signale qu'il a été rédigé par moi, Opale.) .
Je fréquente un forum d'aide pour victimes d'inceste et ce que je peux y lire régulièrement est édifiant. Je suis effarée de voir à quel point la majorité des gens ignore totalement les conséquences laissées par l'inceste.
On parle souvent de "survivants de l'inceste". Ce terme peut faire penser aux survivants de l'Holocauste et vous paraître un terme trop fort. Et pourtant...Pourtant lorsque l'on subit ces abus, on voit la mort en face, l'agresseur par ses actes met la mort en nous, il tente de détruire l'âme de sa victime, il la réduit à l'état d'objet, faisant voler sa vie en éclats.
Ce ne sont pas que des mots. Les victimes absorbent la honte et la culpabilité qui devraient appartenir à leur agresseur...elles se mettent à se détester, à se considérer comme des moins que rien. Alors elles se taisent, pour ne pas briser leur famille, de peur aussi de ne pas être crues, de peur d'"avouer" ce qu'elles croient avoir cherché et qui pourtant les fait tant souffrir.

Les conséquences, les séquelles sont nombreuses, et malheureusement le "grand public" l'ignore. Nombre de personnes pensent qu'il suffit d'oublier, tourner la page, que c'est certes horrible mais qu'avec un peu de volonté on peut mettre tout cela aux oubliettes.
Mais il faut ouvrir les yeux et rencontrer , entendre ces femmes et ces hommes qui parfois se droguent, s'auto-mutilent, souffrent d'anorexie , de boulimie, ont des nuits peuplées de cauchemars, une estime d'eux-mêmes inexistante. Ils et elles se battent chaque jour contre une souffrance que peu imaginent. Il faut se battre pour avoir une vie amoureuse normale, se battre pour avoir une vie sociale normale malgré les phobies, les peurs d'abandon, les peurs d'agressions, l'absence de confiance en soi. Il faut avoir la force d'aller travailler malgré les flashs, les images récurrentes, les insomnies. Et sourire encore quand les autres pensent que l'on a tout pour être heureux.

La souffrance des autres dérange, fait peur. Je n'invente rien en disant que divers ouvrages de psychologie assimilent les séquelles de l'inceste aux séquelles des victimes de torture.
Cela fait peur car cela peut arriver à chacun, à vos enfants, vos amis, vos voisins. Cela fait peur mais cela existe et il n'est pas acceptable de fermer les yeux.

A l'heure actuelle, dans les victimes que je côtoie, plusieurs qui ont porté plainte se retrouvent avec des dossiers classés sans suite. Mais qui parle de ces victimes qui enchaînent les tentatives de suicide, qui souffrent, qui luttent, qui ont eu le courage de dire leur calvaire à la justice et qui sont renvoyées au silence soit pour cause de prescription, soit pour manque de preuves?
Qui peut imaginer que l'une d'elle, abusée de 3 à 28 ans, handicapée moteur depuis toujours, ait eu un classement sans suite après 5 ans d'enquête?. Comment nier l'évidence de sa souffrance?
La justice réclame des preuves, des témoignages, mais comment les apporter alors que beaucoup de victimes ne peuvent parler de leur calvaire que beaucoup plus tard, ayant parfois tout oublié pendant longtemps à cause du trauma, ou se sentant si coupables qu'elles ne peuvent rien dire. Quand elles trouvent la force de le faire, évidemment il n'y a aucune trace physique des viols (et de toute façon forcément les traces pour attouchements n'existent pas) , pas de témoignage puisque le propre de l'inceste est d'être un crime "à domicile".
Mais en plus de tout cela, des lois ont décidé que au bout d'un certain nombre d'années les victimes ne pouvaient plus porter plainte. Par exemple une personne de plus de  38 ans ayant été abusée enfant et ne parvenant à parler que maintenant sera renvoyée au silence et à la souffrance. Car sa souffrance , elle , ne connaît pas la prescription, les cauchemars, les mutilations, la dépression ne s'arrêtent pas à la date de la prescription.

Diverses pétitions circulent sur internet contre la prescription, n'hésitez pas à les signer.

Mais surtout, maintenant que vous avez eu la gentillesse de lire ce message jusqu'à la fin, ne refermez pas les yeux, au contraire, je vous demande de transmettre ce message à votre carnet d'adresses, pour qu'eux-mêmes l'envoient à d'autres et ainsi de suite.

Tout ceci est une réalité, pas un monde à part. Ces victimes vous les croisez chaque jour, une(ou un) amie, une voisine, une collègue, les soeurs, les frères, les cousins etc...vous pouvez n'avoir pas vu leur souffrance. Maintenant vous savez, cela existe alors il est temps de se battre contre ça, ce n'est pas une fatalité.

Les victimes d'inceste (et d'abus sexuels en général) peuvent s'en sortir , se reconstruire, mais elles ont besoin d'être reconnues. Il faut savoir que beaucoup d'entre elles sont rejetées par leur famille.

Fermer les yeux sur ce qui fait peur ne l'éloignera jamais, ne nous fera pas y échapper.
Alors si vous êtes sensibles à mon message, un petit geste sera déjà énorme: transmettre ce mail, informer les autres et ne plus laisser dire des inepties , ne plus laisser croire que les victimes sont folles. Elle sont simplement "folles de douleur", ce qui est bien différent.

Merci d'avoir lu ce mail.