Poèmes de 2006

Mardi 1 avril 2008

 

A vous tous ces adultes

Paraît-il de ma famille

Qui m'avez oubliée

Quand j'étais petite fille.

Ma mémoire se souvient

Et la colère me brûle

Face à l'indifférence

Et à la solitude.

Lorsque vous partagiez

Entre vous un repas

Devant votre sapin

Et repus de foie gras

J'étais seule avec lui

Dans ces soirées tragiques

Qui auraient dû pourtant

Pour moi être magiques

Pas de joie de Noël

D'éclats émerveillés

Juste la peur et le bruit

De quelques verres brisés.

Non je n'existais pas

Dans votre coeur absent

Vous aviez oublié

Que j'étais une enfant.

Cet homme vous paraissait

Méchant ou prétentieux

Mais seulement vous saviez

Si bien fermer les yeux

Que vous m'avez laissée

A un sort peu envieux

Pendant que pour l'année

Vous vous souhaitiez des voeux.

Aujourd'hui j'ai grandi

Et Noël me dégoûte

Oui je l'affirme haut

A cause de vous sans doute

Chaque guirlande et boule

Chaque décoration

Me rappelle violemment

Votre silence-abandon

Je ne supporte plus

Un sapin décoré

Il me rappelle le vôtre

Face auquel vous étiez

Partageant un repas

Et repus de foie gras.


(17/12/2006)

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Mardi 1 avril 2008

 

Silence hurlant comme une prison

Plus rien ne se montre

La souffrance ne dit pas son nom

Cerveau muet qui ne sait plus

Lèvres asséchées ne parlent plus

Plus aucun mot, aucune idée

Esprit et verbes sont volés

Des ressentis indescriptibles

Qui sont aux portes de l'indicible

Et moi perdue là au milieu

Avec le coeur coupé en deux

Entre vouloir trouver les mots

La traduction de mes sanglots

Et puis la censure si dure

Que je ne la remarque même pas

Alors tout est brouillé en moi

Rien ne s'exprime rien ne se voit

Seul mon corps voudrait tout casser

Pour que mon âme soit libérée

Prison de souffrance en silence

Comment récupérer les mots

Lorsqu'ils sont si loin, en partance

Dans le torrent de mes sanglots.


(13/10/2006)

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Mardi 1 avril 2008

 

Je les comprends

Ces gens aux mains tendues

Qui s'envolent d'une fenêtre

Pour voir leur peine disparaître

La seconde où tout bascule

Celle où la vie capitule

Devant l'immense solitude

Qui de la mort est le prélude

Puisque le vide intersidéral

Leur a dévoré les entrailles

Ils choisissent d'y plonger

Pour enfin retrouver la paix

Rien qu'une seconde d'un geste fou

Dans l'espoir d'un avenir doux

Ils se fichent bien de savoir

Qu'il n'y aura pas d'avenir du tout

Ces secondes fenêtre ouverte

Le temps de ressentir la perte

De cette vie si l'on s'envole

Loin de la souffrance qui immole

Oisillon tombé de son nid

Une fin de vie ou l'agonie

Ils choisissent donc de plonger

Par la fenêtre entrebâillée

Je les comprends si fort ce soir

Au carreau de mon désespoir

Seule dans cette froide solitude

Qui de la mort est un prélude

Je l'ai senti bien trop de fois

Ce terrifiant besoin de bras

Qui d'heures en heures m'anéantit

Voulant m'éloigner de la vie

Comment encore trouver la force

De refermer la fenêtre

De se dire que peut-être

Il n'est pas encore temps

Je n'ai pas le courage

De faire le grand voyage

Mais je n'vis déjà plus

La solitude m'a vaincue

Je pleure devant la fenêtre

Je ne crois plus à ces peut-être

Mes larmes se mêlent à la pluie

Sur les carreaux d'une triste vie

Par un long soir de solitude

Qui de la mort n'est qu'un prélude.


(19/08/2006)

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Mardi 1 avril 2008

  Mes mots sont prisonniers

Enfermés en moi-même

J'écris et puis j'efface

J'efface et puis je crie

Les émotions sont déjà loin

En geôle depuis tant de matins

Et je cherche à tout rassembler

Mes mots, ma voix, et mes secrets

Il semble que j'ai perdu la clé

De mes émotions enfermées

Alors je tente en écrivant

De les libérer un instant

Mais elles m'échappent et je deviens

Secrétaire de ma propre main

J'ai pourtant tant de larmes en moi

Qui aimeraient trouver la voie

Pour s'écouler et s'échapper

Afin d'enfin me soulager

Mais par pitié

Pas de larmes seules

Qui ne font que creuser encore

Cette douleur dans mon corps

Pour ne pas pleurer seule

Il faut laisser les mots

Retrouver le chemin

Retrouver mes sanglots

Laisser la porte ouverte

Aux émotions brûlantes

Oser dire qu'elle existe

La p'tite ado souffrante...

Les mots sont prisonniers

Bien bridés par ma plume

Ordonnés et rangés

Sages comme de coutume

Il faudrait bien qu'enfin

J'ose les bousculer

Pour en faire s'écouler

Mes émotions piégées.


(19/08/2006)

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Mardi 1 avril 2008

 J'avais un gouffre
Au fond du coeur
Quand tu m'as rencontrée
Tu aurais pu
Tout en douceur
Tenter de m'en éloigner
Moi cette enfant
Qui venait juste
De tutoyer la mort
Tu n'as pas su
Ou pas voulu
Tu m'as jeté un sort
J'avais un gouffre
Au fond du coeur
Et toi tu l'as creusé
Comme une tombe
Tellement profonde
Pour m'y précipiter
Au lieu de me sauver la vie
Tu en as profité
Et de tes mains
Tu m'as salie
Pour mieux m'y enterrer
J'avais un gouffre
Au fond du coeur
T'aurais dû t'émouvoir
Bercer l'enfant triste
Et tenter
De me sortir du noir
J'avais un gouffre
Au fond du coeur
Et tu as fait de ma vie
Un abysse de sombre douleur
Où tu m'as engloutie.

(19/06/2006)

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Mardi 1 avril 2008

C'est un vampire
Là sous ma peau
Aspire mon sang
Me brise les os
Je ne respire
Qu'a minima
Mes poumons
Ne sont plus à moi
Je ne reçois
Plus d'oxygène
Il ne m'envoie
Que de la haine
Et il respire
A travers moi
Se délecte
Du sang de sa proie
Il fait son siège
Dans mon cerveau
Après avoir
Violé ma peau
Et je m'épuise lentement
A vouloir vivre
Normalement
C'est un vampire
Que cet homme-là
Il est en moi
Je ne suis pas là
Plus qu'une enveloppe
Sans aucun sens
Depuis qu'il a bu
Mon enfance
Je lutte
Pour reprendre de l'air
Pour que son étau me libère
Et que mon âme
Enfin respire
Après avoir vécu
Le pire.

(04/06/2006)

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Mardi 1 avril 2008

 Sors de ma vie
Je t'en prie
Quitte mon âme
Pose les armes
Je n'en peux plus
Pars, entends-tu?
Nous ne pouvons pas
Vivre à deux
Deux sous ma peau
C'est beaucoup trop
Tu dois partir
Ne pas revenir
J'en ai assez
De ton souvenir
Reprends tes mains
Ton rire malsain
Ton ironie
Te va trop bien
Pars, je n'veux plus
De ces abus
Qui me reviennent
Et de ta haine
Dissimulée
Pars, j'ai trop mal
C'est infernal
De me rappeler
Tu m'as touchée
Si tu savais
Tu me dégoûtes
Je dois survivre
Coûte que coûte
Je ne souhaite pas
A mon pire ennemi
De perdre son âme
Lors d'une nuit
Comme tu me l'as volée un soir
M'enfermant dans le désespoir
Pars, s'il te plaît
Laisse-moi une chance
Tu as piétiné mon enfance
Pars, sors de moi
Que mon errance
Trouve la fin
De la souffrance.

(03/06/2006)

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Mardi 1 avril 2008

 Il est si lourd le désaccord
Entre la tête et puis le corps
La panique de ce qu'on ressent
La terreur d'un corps innocent
Lui qui n'avait jamais connu
Ces mains lascives sur la peau nue
Il se retrouve soudainement
Face à un dilemme déchirant
La tête éclate et se questionne
Sur ce que lui impose cet homme
Et sur ces sensations bizarres
Vrillant le corps de part en part
Une effrayante douceur
Comme une lame en plein coeur
Qui peu à peu s'accentue
Et le poison s'insinue
Comme une drogue envahissante
A la fois perverse et violente
Quand on ne s'attend pas à ça
Qu'on ne l'imagine même pas
Le corps se perd , la tête pleure
Ce corps aime-t'il ce dont elle meurt?
Le contrôle est perdu d'avance
Le corps l'emporte dans la balance
Mécanique folle téléguidée
Par un homme au pouvoir caché
C'est lui qui décide s'il ressent
Un peu, beaucoup , ou puissamment
C'est lui qui conduit lentement
Le corps tout droit vers le néant
La tête a perdu la bataille
Et elle survit vaille que vaille
A la honte de son traître corps
Brisé dans une petite mort
A cet instant ils se rejoignent
Tête et corps dans le néant
Vide sidéral trop effrayant
Dans les veines tristes de l'enfant
Il n'y a plus que la peur
Et cette sourde impuissance
Face au corps kidnappé
En plein coeur de l'enfance.

(12/05/2006)

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Mardi 1 avril 2008

 Regarde-toi
Là, dans ce miroir
Qui brille de mes éclats
De colère envers toi
Te vois-tu là?
En face dans ce miroir
Ici il n'y a que toi
Il n'y a que toi
Je m'y suis vue longtemps
Dans ce miroir
J'ai perdu mon éclat
J'y avais cru
Dans ce long désespoir
Que tout venait de moi
Mais regarde-bien
Regarde ton miroir
Crie mes éclats
Ma voix colère
Et un regard noir
Tourné vers toi
Ils gisent là
Les éclats de miroir
Éclats de silence
De ce temps-là
Où tu as bousillé
Toute mon enfance
J'te les renvoie
Mes éclats de douleur
Là en plein coeur
Qu'ils te transpercent
Pour que tu n'oublies pas
Regarde-toi.

(10/05/2006)

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Mardi 1 avril 2008

 Tu aurais dû me tuer
Dès que tu m'as rencontrée
A huit ans, toute jeune enfant
Que tu allais envoûter
Savais-tu déjà
Que tu me toucherais?
Voulais-tu déjà
Venir m'effracter?
Tu as attendu
Juste quatre années
Mais tu aurais dû
Plutôt m'achever
Avais-tu conscience
Ce jour terrifiant
Que tu venais juste
De tuer une enfant?
Tu n'as pas voulu
D'un cadavre encombrant
Tu as donc préféré
Voler mon âme d'enfant
Savais-tu alors
Posant les mains sur moi
Qu'en touchant mon corps
Tu le laissais pour mort?
C'est le crime parfait
Pour toi l'assassin
Pas de culpabilité
Et une enfant-putain
Pas une trace de sang
Pas un seul cri
Juste un coeur battant
Au fond de la nuit
Tu m'as laissé la vie
Pour qu'on ne sache pas
Que tu avais osé
Jouer de tes mains sur moi
Sais-tu que tous ces jours
N'ont de vie que le nom
Sais-tu qu'il y a longtemps
Mon âme m'a fait faux bond?
Lorsque tu l'as laissée
Hors de mon corps meurtri
Au lieu de m'achever
Pour abréger ma nuit.

(17/04/2006)

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