A vous tous ces adultes
Paraît-il de ma famille
Qui m'avez oubliée
Quand j'étais petite fille.
Ma mémoire se souvient
Et la colère me brûle
Face à l'indifférence
Et à la solitude.
Lorsque vous partagiez
Entre vous un repas
Devant votre sapin
Et repus de foie gras
J'étais seule avec lui
Dans ces soirées tragiques
Qui auraient dû pourtant
Pour moi être magiques
Pas de joie de Noël
D'éclats émerveillés
Juste la peur et le bruit
De quelques verres brisés.
Non je n'existais pas
Dans votre coeur absent
Vous aviez oublié
Que j'étais une enfant.
Cet homme vous paraissait
Méchant ou prétentieux
Mais seulement vous saviez
Si bien fermer les yeux
Que vous m'avez laissée
A un sort peu envieux
Pendant que pour l'année
Vous vous souhaitiez des voeux.
Aujourd'hui j'ai grandi
Et Noël me dégoûte
Oui je l'affirme haut
A cause de vous sans doute
Chaque guirlande et boule
Chaque décoration
Me rappelle violemment
Votre silence-abandon
Je ne supporte plus
Un sapin décoré
Il me rappelle le vôtre
Face auquel vous étiez
Partageant un repas
Et repus de foie gras.
(17/12/2006)

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Silence hurlant comme une prison
Plus rien ne se montre
La souffrance ne dit pas son nom
Cerveau muet qui ne sait plus
Lèvres asséchées ne parlent plus
Plus aucun mot, aucune idée
Esprit et verbes sont volés
Des ressentis indescriptibles
Qui sont aux portes de l'indicible
Et moi perdue là au milieu
Avec le coeur coupé en deux
Entre vouloir trouver les mots
La traduction de mes sanglots
Et puis la censure si dure
Que je ne la remarque même pas
Alors tout est brouillé en moi
Rien ne s'exprime rien ne se voit
Seul mon corps voudrait tout casser
Pour que mon âme soit libérée
Prison de souffrance en silence
Comment récupérer les mots
Lorsqu'ils sont si loin, en partance
Dans le torrent de mes sanglots.
(13/10/2006)

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Je les comprends
Ces gens aux mains tendues
Qui s'envolent d'une fenêtre
Pour voir leur peine disparaître
La seconde où tout bascule
Celle où la vie capitule
Devant l'immense solitude
Qui de la mort est le prélude
Puisque le vide intersidéral
Leur a dévoré les entrailles
Ils choisissent d'y plonger
Pour enfin retrouver la paix
Rien qu'une seconde d'un geste fou
Dans l'espoir d'un avenir doux
Ils se fichent bien de savoir
Qu'il n'y aura pas d'avenir du tout
Ces secondes fenêtre ouverte
Le temps de ressentir la perte
De cette vie si l'on s'envole
Loin de la souffrance qui immole
Oisillon tombé de son nid
Une fin de vie ou l'agonie
Ils choisissent donc de plonger
Par la fenêtre entrebâillée
Je les comprends si fort ce soir
Au carreau de mon désespoir
Seule dans cette froide solitude
Qui de la mort est un prélude
Je l'ai senti bien trop de fois
Ce terrifiant besoin de bras
Qui d'heures en heures m'anéantit
Voulant m'éloigner de la vie
Comment encore trouver la force
De refermer la fenêtre
De se dire que peut-être
Il n'est pas encore temps
Je n'ai pas le courage
De faire le grand voyage
Mais je n'vis déjà plus
La solitude m'a vaincue
Je pleure devant la fenêtre
Je ne crois plus à ces peut-être
Mes larmes se mêlent à la pluie
Sur les carreaux d'une triste vie
Par un long soir de solitude
Qui de la mort n'est qu'un prélude.
(19/08/2006)

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Mes mots sont
prisonniers
Enfermés en moi-même
J'écris et puis
j'efface
J'efface et puis je
crie
Les émotions sont déjà
loin
En geôle depuis tant de
matins
Et je cherche à tout
rassembler
Mes mots, ma voix, et mes
secrets
Il semble que j'ai perdu la
clé
De mes émotions
enfermées
Alors je tente en
écrivant
De les libérer un
instant
Mais elles m'échappent et je
deviens
Secrétaire de ma propre
main
J'ai pourtant tant de larmes en
moi
Qui aimeraient trouver la
voie
Pour s'écouler et
s'échapper
Afin d'enfin me
soulager
Mais par pitié
Pas de larmes seules
Qui ne font que creuser
encore
Cette douleur dans mon
corps
Pour ne pas pleurer
seule
Il faut laisser les
mots
Retrouver le chemin
Retrouver mes
sanglots
Laisser la porte
ouverte
Aux émotions
brûlantes
Oser dire qu'elle
existe
La p'tite ado
souffrante...
Les mots sont
prisonniers
Bien bridés par ma
plume
Ordonnés et rangés
Sages comme de
coutume
Il faudrait bien
qu'enfin
J'ose les bousculer
Pour en faire
s'écouler
Mes émotions
piégées.
(19/08/2006)

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J'avais un gouffre
Au fond du coeur
Quand tu m'as rencontrée
Tu aurais pu
Tout en douceur
Tenter de m'en éloigner
Moi cette enfant
Qui venait juste
De tutoyer la mort
Tu n'as pas su
Ou pas voulu
Tu m'as jeté un sort
J'avais un gouffre
Au fond du coeur
Et toi tu l'as creusé
Comme une tombe
Tellement profonde
Pour m'y précipiter
Au lieu de me sauver la vie
Tu en as profité
Et de tes mains
Tu m'as salie
Pour mieux m'y enterrer
J'avais un gouffre
Au fond du coeur
T'aurais dû t'émouvoir
Bercer l'enfant triste
Et tenter
De me sortir du noir
J'avais un gouffre
Au fond du coeur
Et tu as fait de ma vie
Un abysse de sombre douleur
Où tu m'as engloutie.
(19/06/2006)

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C'est un vampire
Là sous ma peau
Aspire mon sang
Me brise les os
Je ne respire
Qu'a minima
Mes poumons
Ne sont plus à moi
Je ne reçois
Plus d'oxygène
Il ne m'envoie
Que de la haine
Et il respire
A travers moi
Se délecte
Du sang de sa proie
Il fait son siège
Dans mon cerveau
Après avoir
Violé ma peau
Et je m'épuise lentement
A vouloir vivre
Normalement
C'est un vampire
Que cet homme-là
Il est en moi
Je ne suis pas là
Plus qu'une enveloppe
Sans aucun sens
Depuis qu'il a bu
Mon enfance
Je lutte
Pour reprendre de l'air
Pour que son étau me libère
Et que mon âme
Enfin respire
Après avoir vécu
Le pire.
(04/06/2006)

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Sors de ma vie
Je t'en prie
Quitte mon âme
Pose les armes
Je n'en peux plus
Pars, entends-tu?
Nous ne pouvons pas
Vivre à deux
Deux sous ma peau
C'est beaucoup trop
Tu dois partir
Ne pas revenir
J'en ai assez
De ton souvenir
Reprends tes mains
Ton rire malsain
Ton ironie
Te va trop bien
Pars, je n'veux plus
De ces abus
Qui me reviennent
Et de ta haine
Dissimulée
Pars, j'ai trop mal
C'est infernal
De me rappeler
Tu m'as touchée
Si tu savais
Tu me dégoûtes
Je dois survivre
Coûte que coûte
Je ne souhaite pas
A mon pire ennemi
De perdre son âme
Lors d'une nuit
Comme tu me l'as volée un soir
M'enfermant dans le désespoir
Pars, s'il te plaît
Laisse-moi une chance
Tu as piétiné mon enfance
Pars, sors de moi
Que mon errance
Trouve la fin
De la souffrance.
(03/06/2006)

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Il est si lourd le désaccord
Entre la tête et puis le corps
La panique de ce qu'on ressent
La terreur d'un corps innocent
Lui qui n'avait jamais connu
Ces mains lascives sur la peau nue
Il se retrouve soudainement
Face à un dilemme déchirant
La tête éclate et se questionne
Sur ce que lui impose cet homme
Et sur ces sensations bizarres
Vrillant le corps de part en part
Une effrayante douceur
Comme une lame en plein coeur
Qui peu à peu s'accentue
Et le poison s'insinue
Comme une drogue envahissante
A la fois perverse et violente
Quand on ne s'attend pas à ça
Qu'on ne l'imagine même pas
Le corps se perd , la tête pleure
Ce corps aime-t'il ce dont elle meurt?
Le contrôle est perdu d'avance
Le corps l'emporte dans la balance
Mécanique folle téléguidée
Par un homme au pouvoir caché
C'est lui qui décide s'il ressent
Un peu, beaucoup , ou puissamment
C'est lui qui conduit lentement
Le corps tout droit vers le néant
La tête a perdu la bataille
Et elle survit vaille que vaille
A la honte de son traître corps
Brisé dans une petite mort
A cet instant ils se rejoignent
Tête et corps dans le néant
Vide sidéral trop effrayant
Dans les veines tristes de l'enfant
Il n'y a plus que la peur
Et cette sourde impuissance
Face au corps kidnappé
En plein coeur de l'enfance.
(12/05/2006)

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Regarde-toi
Là, dans ce miroir
Qui brille de mes éclats
De colère envers toi
Te vois-tu là?
En face dans ce miroir
Ici il n'y a que toi
Il n'y a que toi
Je m'y suis vue longtemps
Dans ce miroir
J'ai perdu mon éclat
J'y avais cru
Dans ce long désespoir
Que tout venait de moi
Mais regarde-bien
Regarde ton miroir
Crie mes éclats
Ma voix colère
Et un regard noir
Tourné vers toi
Ils gisent là
Les éclats de miroir
Éclats de silence
De ce temps-là
Où tu as bousillé
Toute mon enfance
J'te les renvoie
Mes éclats de douleur
Là en plein coeur
Qu'ils te transpercent
Pour que tu n'oublies pas
Regarde-toi.
(10/05/2006)

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Tu aurais dû me tuer
Dès que tu m'as rencontrée
A huit ans, toute jeune enfant
Que tu allais envoûter
Savais-tu déjà
Que tu me toucherais?
Voulais-tu déjà
Venir m'effracter?
Tu as attendu
Juste quatre années
Mais tu aurais dû
Plutôt m'achever
Avais-tu conscience
Ce jour terrifiant
Que tu venais juste
De tuer une enfant?
Tu n'as pas voulu
D'un cadavre encombrant
Tu as donc préféré
Voler mon âme d'enfant
Savais-tu alors
Posant les mains sur moi
Qu'en touchant mon corps
Tu le laissais pour mort?
C'est le crime parfait
Pour toi l'assassin
Pas de culpabilité
Et une enfant-putain
Pas une trace de sang
Pas un seul cri
Juste un coeur battant
Au fond de la nuit
Tu m'as laissé la vie
Pour qu'on ne sache pas
Que tu avais osé
Jouer de tes mains sur moi
Sais-tu que tous ces jours
N'ont de vie que le nom
Sais-tu qu'il y a longtemps
Mon âme m'a fait faux bond?
Lorsque tu l'as laissée
Hors de mon corps meurtri
Au lieu de m'achever
Pour abréger ma nuit.
(17/04/2006)

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