Poèmes de 2004

Samedi 29 mars 2008

 Derrière la vitre lézardée
Je t'aperçois
Ton coeur livide et dévasté
Ses mains sur toi
Par transparence derrière le mur
Je sais qu'il y a
Chaque minute de ta torture
Ses mains sur toi
De l'autre côté du miroir
Là j'aperçois
L'étendue de ton désespoir
Ses mains sur toi
Je vois tes lèvres remuer
Comme pour me dire
Je t'en prie, viens vite me sauver
Je vais mourir
Derrière le verre de sang tâché
Je t'aperçois
Tu es en train d'agoniser
Ses mains sur toi
Ton regard se vide et se perd
Tourné vers moi
Je te vois subir l'enfer
Ses mains sur toi
Ta tête qui vacille et puis tombe
Ses mains sur toi
Ton corps nu dans la pénombre
Et tous ses doigts
Tentacules qui te massacrent
Pauvre de toi
A travers mon coeur lézardé
Je t'aperçois
Et j'ai si mal, je reconnais
Cette peur en toi
Le miroir n'était pas brisé
Toi c'était moi...
Ses mains sur moi.

(20/12/2004)

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Samedi 29 mars 2008

Gronde, gronde la colère contre soi
Haine dans les yeux, dégoût de sa voix
Le comportement, les mots, les peurs d'enfant
Tout à briser, à étouffer et à tuer
Contre les murs briser ses cris
Se moquer de l'enfant qui gémit
Se détester , penser qu'on est menteur
Vouloir cracher sur chacun de ses pleurs
Gronde, gronde la colère contre moi
Je hais mon coeur, mon âme et puis ma voix
Fragilité qui est bidon ou vraie
Sale comédienne qui veut juste attirer
Menteuse ou pas, ne jamais le savoir
Alors brûler les veines du désespoir
Gronde, gronde la colère contre moi
Sale gamine, qui gémit chaque fois
Faiseuse de cirque, de cinéma
Je déteste cet être que l'on croit
Gronde gronde la colère contre moi
Monte et m'inonde dans le mépris de moi.

(18/12/2004)

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Samedi 29 mars 2008

Enfant-loup toutes griffes dehors
Les ongles sales et des bleus plein le corps
Elle s'est sauvée pour fuir le monde humain
Ce monde de dangers et de gestes malsains
Cheveux boueux et âme en guenille
Elle n'a plus rien de cette petite fille
Qu'elle a été avant qu'il ne la viole
Qu'elle n'a été avant qu'il ne l'immole
Son teint si rose est devenu blafard
Et la terreur règne en maître au fond de son regard
Que l'on approche et elle s'esquivera
Les ongles croches, animal aux abois
Il y a tellement longtemps qu'elle ne sait plus parler
Devenue muette lorsqu'il l'avait tuée
Depuis elle erre là, entre peur et violence
Elle a perdu la voix au coeur de son enfance
Les loups l'ont élevée contre l'ennemi-homme
Elle se met à hurler quand la douleur l'assomme
Sale et traînant par terre, dans le froid de la nuit
Fantôme sans cimetière, enfant en agonie
Petite enfant sauvage toutes griffes dehors
Qui revit son carnage le soir quand elle s'endort.

(13/12/2004)


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Samedi 29 mars 2008

La première fois qu'il lui a fait "ça"
Qu'il a touché son corps comme ça
Qu'il a tué son âme aux abois
La première fois
Petite fille sur ses genoux
Installée là pour un câlin
Et puis soudain deux grosses mains
Qui vont en faire leur putain
Paralysée, perdue, muette
Son coeur et sa tête sont en miettes
Que se passe-t-il, mais que fait-il
Où va cette main qui descend?
Peur, terreur, choses inconnues
La honte inscrite sur la peau nue
Elle est figée, trop pétrifiée
Par les gestes est assassinée
C'est ce jour-là la première fois
Qu'elle est morte en pleurant tout bas
C'est ce jour là la première fois
Qu'il en a fait son unique proie.

(12/12/2004)

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Samedi 29 mars 2008

 Il a suffi d'un geste, du spectre de l'inceste
Et voilà qu'elle s'écroule , de son âme se déleste
Les mains qui sont passées là sous son vêtement
N'ont pas fait que toucher peau et sexe d'enfant
Elles ont tel un rapace déchiré de leurs griffes
Son corps couleur de lait et mis son coeur à vif
Sombres mains hideuses éviscérant son âme
Et puis la piétinant pour la jeter aux flammes
Elles ont alors bien pu remplir cette enveloppe vide
D'un nouveau mécanisme , suite à l'infanticide
Oui elles ont pu sans peine créer leur automate
Programmée, dirigée, sous une terreur moite
Maintenant il n'y a plus qu'à jouer à la poupée
A salir son robot et à le dévaster
Elle ne dira plus rien, pantin inanimée
Qui se dit "c'est ma faute" quand elle se fait tuer
Tous les gestes qu'il veut lui faire subir encore
Elle les acceptera et donnera son corps
Car il suffit d'un geste, du spectre de l'inceste
Pour qu'elle s'accuse encore quand il dévore ses restes.

(25/11/2004)

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Samedi 29 mars 2008

Peur que l'on me donne la main
Pour m'emmener au bord du ravin
Trop peur d'un gouffre si effrayant
Remplis de monstres hurlant, rampant...
Peur de cette femme qui me regarde
Attend que mon coeur se lézarde
Son regard doux m'invite à dire
Tout ce que mon âme voudrait fuir
Et elle attend que je m'approche
Pas à pas au milieu des roches
Mais le danger devient trop proche
Le gouffre est si grand, si profond
On peut à peine y mettre un nom
Et si je regarde à mes pieds
J'ai trop peur de m'y effondrer
Émotions-monstres si effrayantes
Aux tentacules sales et gluantes
Qui menacent de m'emporter
Pour lentement me suffoquer...
Si peur d'une main qui se tend
Pour m'emmener dans le néant
Comment accepter d'aller voir
Dans l'eau trouble du désespoir ?

(22/11/2004)

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Samedi 29 mars 2008

Tous les "mon amour" sur mes lèvres
Mais sans ta bouche pour les poser
Tant de je t'aime au fond des yeux
Sans ton regard pour m'y noyer
Tant de passion au bout des doigts
Mais sans ta peau à caresser
Tant de mots doux là dans ma voix
Sans pouvoir te les murmurer
L'absence de ton sourire éclatant
De ton rire de clown et ton regard d'enfant
L'absence de tes baisers et de ta peau
La chaleur de ton corps, la douceur de tes lèvres
Loin de moi ce trésor que j'avais découvert
Parfois oui je m'en sors puis à nouveau me perds...
De simples mots écrits que tu ne liras pas
Mais qu'il me faut dire...car j'ai le mal de toi.

(09/11/2004)

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Samedi 29 mars 2008

Au bout du bout
Au bout de la fin
Au bout de la vie
Là où le corps ne veut plus
Là où le coeur s'épuise
Là où la vie se brise
Au bout, tout au bout
Sans la lumière et l'espoir
Sans un sourire, un regard
Un enfant qui pleure dans le noir
Au bout du passé
Au bout du présent
Sans avenir sans projet
Âme perdue qu'on a tuée.

(02/11/2004)

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Samedi 29 mars 2008

Vouloir marquer sur la peau la souffrance
Pour que le corps crie ce qui pleure en silence
Dessiner le désespoir sur le corps
Illustrer sa chair d'un sentiment de mort
Quand les mots sont si lourds qu'ils étouffent sans cesse
Quand les cris sont trop sourds pour dire la tristesse
Alors comme un peintre qui livrerait son âme
On esquisse sa douleur par des marques de lame
Quand le mal est piégé au plus profond de soi
On en vient à penser à ces dérives-là .

(24/10/2004)

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Samedi 29 mars 2008

Petit coeur au bout du rouleau
Supplie pour un peu de repos
Pouvoir souffler et respirer
Etre consolé et bercé
P'tit coeur qui saigne de douleur
S'étouffe lentement avec ses pleurs
Besoin de bras qui le soutiennent
D'une épaule pour confier sa peine
P'tit coeur au moral à zéro
Rêve d'enfin sortir du chaos
Vivre et chanter, rire et blaguer
Découvrir qu'on aime respirer
Mais petit coeur a peur
Il est très fatigué...
Epuisé, ne sait plus
S'il pourra patienter
Le temps est tellement long
Et p'tit coeur tellement lourd
Ecrasé de souvenirs et d'envie de mourir
Ouvrez donc grands vos bras
Pour qu'il puisse s'y blottir
Ce p'tit coeur terrifié
D'avoir vécu le pire.

(20/10/2004)

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