Proche du coeur de la cible
J'ai peur
Au centre de ma Terre
Près du coeur de l'Enfer
Je tremble
Terrible crainte de laisser apparaître
Toute la souffrance qui règne là en maître
Marchant sur un volcan
Dans la lave de mes larmes
Qui bouillonnent en dedans
Quand mon âme sonne l'alarme
Je ne suis pas invincible
Près du coeur de ma cible
Je pleure
Noyée à l'intérieur
Comment oser tout dévoiler
Comment laisser tout exploser
Sans crainte
De ces glaciales plaintes
Souffrance mêlée au froid brûlant
Cri muet hurlant au dedans
J'ai peur
Dans ma prison intérieure
Je veux qu'on me libère
Je veux me libérer
Mais je suis pétrifiée
Statufiée par la peur
D'être cambriolée
Je dois ouvrir mon coeur
Y faire lire mon malheur
Sans penser que l'on puisse
Me réduire au supplice
Là au fond de mon être
Elle ne cesse d'apparaître
L'idée que l'on pourrait
Encore me posséder
J'aimerais pourtant tellement
Enfin avoir confiance
Et leur prêter la clé
Du coeur de ma souffrance
J'ai besoin que l'on m'aide
A confier l'indicible
Sans me tromper d'ennemi
Là au coeur de ma cible.
(29/01/2006)

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J'avais huit ans
Et je lui ai souri
J'avais huit ans
Devant lui
Je ne sais pas
Ce qu'il a pu penser
Je ne sais pas
S'il m'a vraiment aimée
J'ai eu douze ans
Et je lui ai souri
J'ai eu douze ans
Devant lui
Mais dans le trouble
Des pensées perverties
C'est comme une femme
Qu'il m'a vue devant lui
J'avais douze ans
Perdue là dans ce lit
J'avais douze ans
Je crois que j'ai blêmi
Devant lui
Puis j'ai grandi
Devenant une jeune fille
J'ai eu quinze, seize, dix-sept ans
Devant lui
Là sous les mains
Assassines, affamées
J'avais douze ans
Fillette recroquevillée
Je suis femme aujourd'hui
Et sans lui
J'essaie de vivre
Et de l'oublier lui
Mais dans mon coeur
L'enfant n'a pas grandi
Et dans mon âme
J'ai huit ans
Devant lui.
(21/01/2006)

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Mon coeur a sauté sur une mine
Et me voilà amputée
Et ma vie lentement décline
Dans les débris et la fumée
Ça et là on peut entrevoir
Tous les morceaux de ce passé
Entre sourire et désespoir
Lambeaux de chair d'enfant blessée
Mon coeur a sauté sur une mine
Je n'sais plus comment avancer
Que l'on m'aime ou que l'on me brime
Je hurle dès qu'on veut me toucher
Brûlure au dernier degré
Sur l'échelle de la douleur
Être sanglant et dépecé
Petit cadavre de terreur
Puisque mon âme s'est enflammée
Que rien ne semble l'apaiser
Je demande à me reposer
Peut-être pour l'éternité
Mon coeur a une bien triste mine
Depuis qu'on l'a fait explosé
Mon coeur a sauté sur une mine
De la vie je suis amputée.
(15/01/2006)

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Je voudrais mourir
Pour laisser s'endormir
Le besoin de bras
Qui me dévore là
Ce besoin si puissant
Ce besoin terrifiant
Qui torture lentement
Mon petit coeur d'enfant
Je rêve de la douceur
D'une main sur les cheveux
Je rêve du bonheur
D'un doux cocon moelleux
J'en crève à petit feu
Du besoin de tendresse
Je meurs peu à peu
Mon âme me délaisse
Mes sanglots coulent plus fort
Quand je ressens le vide
Le gouffre, l'immense abîme
De mon coeur si avide
D'un geste, d'un câlin
D'une main sur l'épaule
Ce manque est un venin
De la mort un symbole.
(11/01/2006)

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Je veux le tuer
Le bébé affamé
De tendresse, de câlins
Perdu dans son besoin
Je veux le tuer
Bébé empoisonné
Pas prévue l'arrivée
De ce petit bambin
Je veux le tuer
Bébé non désiré
Aimé oui mais après
Bébé pulvérisé
Je veux le tuer
Bébé coeur déchiré
Bébé larmes salées
Bébé désespéré
Je veux le tuer
Il ne sait pas grandir
Il souffre du désir
D'être pris dans les bras
Je veux le tuer
Bébé frigorifié
Bébé terrorisé
Devant ce vide-là
Je veux le tuer
Bébé empoisonné
Sale bébé transfusé
Un bébé toléré
Je veux le tuer
Ses sanglots me font mal
Sa douleur m'est fatale
P'tit bébé-animal
Au sang noir et glacial
Bébé inanimé.
(09/01/2006)

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Celui-là, c comme si mon abuseur l'avait écrit...je le laisse comme témoignage mais je ne veux plus penser cela
de moi.
Un corps
mort
Un corps mourant
Un corps d'enfant
A la vie une insulte
Une enfance de pute
Ce corps mort
Ce corps mourant
Anéanti
Comme englouti
Loin de la vie
Dans le tumulte
Un corps de pute
Fait pour aimer
Les gestes sales
Un corps bafoué
Un corps mourant
Un corps d'enfant
Un corps sanglant
La vie s'en va
La nuit est là
Le corps se noie
Dans une horreur
Dans la torpeur
Dans la douleur
Mon corps est mort
Mon corps s'endort
Un corps de pute
J'étais enfant
J'étais adulte
J'étais enfulte
Cet état sombre
Vivre comme une ombre
Ombre de pute
Que l'on me laisse
Que l'on me blesse
Rien qu'une insulte
J'étais à lui
Poupée qui jouit
Ignoble pute
Personne ne peut
M'aimer un peu
Je suis une pute
Ça me fait mal
Mais c'est banal
Rien qu'une insulte.
(18/12/2005)

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Sexualité
Qu'est-ce que c'est?
Tu n'en parles jamais
Tu n'fais qu'imaginer
Mais pas trop fort
Pas encore
Sexualité
Qu'est-ce c'est?
Les baisers échangés
De tes amies ados
Et de leur Roméo
Sexualité
Qu'est-ce que c'est?
Est-ce cela
Ce qu'il te fait là
Est-ce donc vraiment ça?
Comment est-il possible
Que tous ces gens adultes
Fassent ces choses horribles
Qui te font sentir pute
Sexualité
Qu'est-ce que c'est?
Tu pries pour ne pas grandir
Tu pries pour mourir
Ne jamais être aussi sale
Ne jamais être aussi laide
Que ces horreurs d'adulte
Qui t'enferment dans ce tumulte
Sexualité
Qu'est-ce que c'est?
Par pitié, tu n'veux pas croire
Que les grands aiment à voir
La peau et le reste
Le plaisir comme la peste
Sexualité
Qu'est-ce que c'est?
La terreur, la douleur
Les larmes ensanglantées
Sous des mains de sexe assoiffées
Ils sont fous, eux les grands
D'aimer les gestes humiliants
Que tu subis en te taisant
Sexualité
Qu'est-ce que c'est?
Par pitié
Que tu ne grandisses plus jamais.
(09/12/2005)

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Enfermée dans ma tête
Prisonnière des souvenirs
Et des ses mains de bête
Qui vont m'anéantir
Je voudrais oublier
La souffrance horrifiée
De mon coeur et mon corps
Soudainement agressés
Je me souviens si bien
Que j'ai eu tellement peur
Je me souviens tes mains
Et l'intense terreur
Cette première fois
L'explosion dans la tête
Mon âme est aux abois
Ma vie dans la tempête
Je me souviens de toi
Agissant sans remords
Je me souviens tes doigts
Qui passaient sur mon corps
Les questions qui dévorent
Les questions qui détruisent
Et toutes les sensations
Qui me culpabilisent
Je ne savais pas quoi faire
Je ne savais pas quoi dire
Quand tu as décidé
De m'imposer le pire
Je me sens prisonnière
De tous mes souvenirs
Enfermée dans ma tête
Étouffant mes soupirs.
(16/11/2005)

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Une ribambelle d'enfants
Au corps de chair, de sang
Piégés par des êtres immondes
Qui les projettent dans leur monde
Ignobles dealers de cette drogue infâme
Ils viennent de leurs mains shooter leurs petites âmes
Enfants déboussolés dans ce qu'ils ressentaient
Jeunes pantins terrifiés d'un corps incontrôlé
Dose après dose la mort s'injecte dans le temps
Geste après geste la peste les tue si lentement
Ribambelle d'enfants
Au corps de chair de sang
Ne comprennent pas pourquoi
Ils veulent et ne veulent pas
Jeunes droguées innocentes
Tendent leur bras , tremblantes
Pour recevoir la piqûre
Injectée par ces ordures
Poison, venin paralysant
Plus de contrôle , si impuissants
Il faut dire à leurs coeurs en sang
Que les responsables en puissance
Sont ses assassins d'innocence
Qu'ils n'en sont pas moins des enfants
Malgré cette drogue dans le sang.
(15/11/2005)

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Je te fais mes adieux
Regarde bien mes yeux
C'est fini je n'veux plus
De cet amour déçu
J'y avais tellement cru
Que tu m'apporterais
Amour, sécurité
Mais non je n'y crois plus
Tu as perdu ton rôle
Quand tu as fait peser
Sur mes frêles épaules
La culpabilité
Je n'étais pas une femme
Tu as éteint ma flamme
Dans tes gestes infâmes
Tu as brûlé mon âme
Tu t'es perdu toi-même
En me blessant le corps
Tu m'as laissé quand même
Le goût noir de la mort
Aujourd'hui je survis
Et lentement je grandis
Je sais que ce sursis
M'amènera vers la vie
Pour ça tu dois mourir
Et tu dois devenir
Ce que tu es vraiment
Un être répugnant
Tu n'as pas hésité
Devant mes yeux d'enfant
Tu n'as rien regretté
Tout en me détruisant
Je voudrais renoncer
A cet amour pour toi
Cet amour d'une enfant
Qui voulait son papa
Tu n'es digne de rien
Ni de moi , ni de lui
Tu n'auras remplacé
En aucun cas sa vie
Il me faudra du temps
Pour te regarder droit
Franchement dans les yeux
Sans espérer un peu
Aujourd'hui je grandis
Je veux te dire adieu
Regarde bien ma vie
Regarde-moi dans les yeux
Et pars donc loin d'ici.
(11/11/2005)

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